01 mars 2007 / Thomas Schlegel, Peter Zbinden (trad. Ch. Salamin)
Les températures nettement supérieures à la moyenne de décembre 2006 et janvier 2007 ont poursuivi sur leur lancée en février. Avec un écart positif pour l'ensemble de la Suisse de 3 à 4 degrés par rapport aux normes, l'hiver 2006/07 doit être considéré comme le plus chaud depuis le début des mesures en 1864.
Ecart des températures hivernales (déc. à fév.) par rapport aux normes 1961-1990, depuis 1864/65 jusqu'à 2006/07. En bleu : années inférieures aux normes ; en rouge : années supérieures aux normes ; ligne noire : moyenne pondérée sur 20 ans (filtre de Gauss)
Graphique : l'évolution des températures pour la Suisse est basée sur 12 séries de mesures représentatives.
Séries de mesures homogénéisées
Après deux hivers plutôt frais et par moment riches en neige jusqu'en plaine, l'hiver qui s'achève renoue de belle manière avec la tendance des ces dernières décennies à des hivers trop chauds. En effet, les mois d'hiver montrent depuis le milieu des années 70 un signal très clair en direction de moyennes mensuelles supérieures aux normes ; un développement tout à fait en accord avec les prévisions des modèles climatiques globaux tenant compte des effets des émissions anthropogènes de gaz à effet de serre sur le climat.
Valeurs record régionales
De nouveaux records de températures moyennes ont été établis pour l'Ajoie, le Plateau, l'Engadine et la majeure partie du sud des Alpes. Pour la quasi totalité des autres régions, l'hiver 2006/07 fut "seulement" le deuxième hiver le plus chaud ; en effet, l'hiver 1989/90 fut encore plus chaud dans les Alpes et sur les crêtes du Jura, alors que dans la région de Genève et dans les principales vallées alpines, l'hiver 2000/01 détient toujours le record de chaleur. En revanche, la rareté du foehn en 2006/07 dans les principales régions soumises à ce phénomène ne permit pas à cet hiver de figurer parmi les deux hivers les plus chauds.
Ecarts de l'hiver 2006/07 par rapport aux précédents records. En rouge : écart positif de plus de 0.2 °C (plus chaud) ; en blanc : écart nul (températures égales au précédent record); en vert : écart négatif de plus de 0.2 °C (plus froid).
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Températures moyennes mesurées en différentes stations
Températures moyennes de l'hiver 2006/2007 (de décembre à février) et précédent record (en gras, nouveau record).
La station de Berne ayant été récemment déplacée, l'homogénéisation des données n'a pas encore été effectuée.
Des signes avant-coureurs annonçaient-ils la chaleur actuelle ?
MétéoSuisse publie depuis quelques temps une perspective climatique sur son site Internet. Sur cette page figurent entre autres des informations sur quelques particularités climatique de la saison à venir ainsi que des indications sur les températures attenudes et leur rapport à la norme. Dans la perspective climatique de novembre 2006, un écart de températures positif pour l'hiver 2006/07 était prévu.
Archives des prévisions saisonnières pour la Suisse
Manque de neige très marqué
Les températures beaucoup trop élevées régnant depuis des mois ont également eu un effet sur la situtation d'enneigement. Le manque de neige se fit particulièrement sentir le long du versant nord des Alpes ainsi qu'en plaine ; ceci ressort nettement du nombre de jours où de la nouvelle neige fut mesurée. Par exemple à Zürich, on n'a compté que 2 jours de neige pour un total de 12 cm, contre 16 jours de neige pour 70 cm en moyenne hivernale. Depuis 1931, seul l'hiver 1989/90 avait donné moins de neige, avec 2 jours pour 3 cm. D'autres stations de plaine montrent des résultats tout à fait comparables.
Nombre de jour avec plus de 1 cm de nouvelle neige à Zürich ; hivers (déc. à fév.) de 1931/32 à 2006/07
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Mais la plaine ne fut pas la seule concernée par le manque de neige ; le versant nord des Alpes et le Jura furent également tristement concernés. Par exemple, à Einsiedeln on compte en moyenne 27 jours de nouvelle neige par hiver pour un total d'environ 2 m. Cet hiver, seulement 55 cm de neige sont tombés, répartis sur 12 jours ; en outre, une bonne partie de cette neige fondit en raison des températures élevées, si bien qu'à certaines périodes le sol en fut complètement dépourvu.